Aéroport d’Agadir : la route vers Taghazout et Paradise Valley
Atterrir à Agadir, c’est presque toujours arriver par le sud. L’aéroport Al Massira se trouve à une trentaine de kilomètres du centre-ville, au milieu d’une plaine sèche où rien n’annonce encore l’océan. Le premier réflexe du voyageur est d’y voir une contrainte ; c’est en réalité le meilleur point de départ possible pour remonter la côte vers Taghazout, Tamraght et les gorges de Paradise Valley, à condition de régler la question du véhicule avant même d’avoir récupéré ses bagages.
Al Massira, un aéroport volontairement à l’écart
Agadir Al Massira dessert toute la région du Souss. L’aérogare est compacte, les formalités y sont rapides, mais la ville n’est pas à portée de marche : il faut compter une demi-heure de route pour rejoindre la baie d’Agadir, davantage aux heures de pointe. Les navettes et les taxis existent, seulement ils vous déposent quelque part, et rien de plus. Or la plupart des séjours dans la région se construisent autour de déplacements quotidiens — une plage le matin, un village de l’arrière-pays l’après-midi — que l’on ne peut pas improviser sans voiture.
Le calcul est vite fait dès que l’on sort du triangle hôtel-plage-marina. Deux allers-retours en taxi vers Taghazout coûtent déjà le prix d’une journée de location, et l’on reste tributaire des horaires d’un chauffeur. La voiture change surtout la nature du séjour : elle transforme une liste d’excursions en itinéraire libre, ce que racontent bien les récits de road trip publiés par les voyageurs qui refusent les circuits organisés.
La route du nord : Taghazout à une quarantaine de kilomètres
De l’aéroport, il faut contourner Agadir par l’est, puis suivre la route côtière qui longe l’Atlantique. Taghazout se trouve à une quarantaine de kilomètres d’Al Massira, soit trois quarts d’heure de conduite tranquille. L’ancien village de pêcheurs est devenu le centre de gravité du surf marocain : Anchor Point, Killer Point et Panorama attirent une population de surfeurs d’octobre à mars, quand les houles d’ouest arrivent régulièrement sur les pointes rocheuses. Tamraght et Aourir, un peu avant, offrent le même accès aux spots avec un peu moins de monde.
La route est bonne, à deux voies, souvent encombrée de scooters et de camionnettes à l’approche des villages. Elle n’a rien d’une épreuve, mais elle demande de l’attention : les arrêts photo improvisés sur le bas-côté sont la première cause d’accrochage du secteur. Les familles qui viennent inscrire un adolescent dans une école de glisse — le principe est le même que pour les séjours d’initiation au surf organisés en Europe — apprécient de pouvoir faire les navettes elles-mêmes entre l’hébergement et le spot du jour.
Paradise Valley, quand la côte cède la place à l’Atlas
À hauteur d’Aourir, une route intérieure bifurque vers Imouzzer des Ida Outanane. C’est elle qui mène à Paradise Valley, une succession de vasques turquoise creusées dans un canyon de calcaire, bordée de palmiers et d’oliviers. Depuis l’aéroport, comptez une bonne heure de trajet et une soixantaine de kilomètres, dont les vingt derniers en lacets. La conduite y devient plus exigeante : chaussée étroite, virages sans visibilité, troupeaux qui traversent. Rien d’inaccessible pour une citadine en bon état, mais mieux vaut faire le trajet de jour et ne pas viser un retour tardif.
L’intérêt du lieu tient à son contraste avec la côte : à trente minutes de la plage, on se retrouve dans un paysage de montagne, avec des cafés de bord de route qui vendent du miel, de l’amlou et l’huile d’argan produite dans les coopératives de la région. Le niveau d’eau dépend entièrement de la saison : très bas en fin d’été, généreux après les pluies d’hiver.
Récupérer le véhicule à l’arrivée plutôt qu’en ville
Reste la logistique. Prendre livraison de la voiture à l’aérogare évite un transfert payant et une demi-journée perdue. Chez les agences locales, ce service se réserve à l’avance : sur son site, Rayhane Cars consacre une page à la location voiture Agadir aéroport et y explique que la livraison comme la récupération à Al Massira se font sur réservation, avec un horaire et un point de rencontre confirmés par l’équipe. Le numéro de vol est demandé au moment de la demande, ce qui permet d’ajuster le rendez-vous si l’avion prend du retard.
Ce détail compte davantage qu’il n’y paraît : un décalage de deux heures suffit à faire manquer une remise de clés mal calée, et la marche à suivre en cas de vol retardé ou annulé ne prévoit rien pour le loueur qui vous attend au parking. Prévenir l’agence dès la salle d’embarquement reste le geste le plus utile du voyage.
Les points à cadrer avant de réserver
- Le kilométrage : sur un séjour orienté Taghazout et arrière-pays, on dépasse vite les cent kilomètres par jour. Rayhane Cars annonce un kilométrage illimité sur ses locations, ce qui évite d’avoir à compter.
- Le deuxième conducteur : utile sur la route d’Imouzzer, où l’on apprécie de se relayer. Il est indiqué comme inclus sur le site de l’agence.
- L’assurance et la franchise : l’agence mentionne une assurance tous risques avec franchise, et une option de rachat proposée selon le véhicule et les conditions de réservation. À faire préciser par écrit avant de partir.
- Les sièges enfants : rehausseurs et sièges bébé sont disponibles sur demande, mais ne s’improvisent pas au comptoir.
- Le véhicule lui-même : une citadine suffit pour la côte et pour Paradise Valley par temps sec. Les tarifs de départ affichés vont, selon les modèles, de 25 € par jour pour une Logan à 40 € pour un Duster ; ce sont des prix de départ, variables selon les dates et la durée, confirmés sur devis.
Le reste relève du bon sens : photographier le véhicule avant de quitter le parking, vérifier la roue de secours, repérer la station-service la plus proche de son hébergement. Une heure de route sépare la piste d’atterrissage des vasques de Paradise Valley : c’est peu, pour un changement de décor aussi complet.
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